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Ce qui marche

Garder les filles à l'école est le moyen le mieux prouvé.

Très bien prouvéAider les filles à rester à l'école : frais, bourses, logement, fournitures.
Bien prouvéDes clubs de filles avec une jeune mentore du quartier.
PrometteurLe dialogue avec la communauté, mené sur place et dans la durée.
Ne suffit pas seulUne loi, une déclaration ou une information sans personnes pour suivre.

Garder les filles à l’école

C’est le moyen le mieux prouvé. Une grande revue des études (Malhotra & Elnakib, 2021) a trouvé un effet dans les 5 études sur une aide scolaire aux filles (frais, bourses, uniformes).

Au Niger, des bourses pour loger près du collège, avec du soutien scolaire, ont réduit d’environ 50 % le mariage des filles et d’environ 53 % l’abandon scolaire (Banque mondiale, 2024).

Les clubs de filles

En Ouganda, des clubs avec une jeune mentore du quartier ont réduit de 62 % le mariage ou la vie en couple après quatre ans (programme ELA de BRAC). Les filles s’y retrouvent dans un lieu sûr et suivent une formation aux compétences de vie et à un métier (J-PAL).

Le dialogue avec la communauté

Au Burkina Faso, des discussions dans la communauté ont réduit d’environ deux tiers le risque de mariage des filles de 15 à 17 ans (Population Council, 2020). Mais ces résultats dépendent beaucoup du lieu et de la qualité du travail.

L’argent : à quelle condition ?

Donner de l’argent à une famille pauvre, sans condition, n’a pas réduit les mariages dans les 3 études de la revue de 2021. L’argent lié à l’école marche mieux : au Malawi, il a eu un effet durable pour les filles qui avaient déjà quitté l’école (Zomba). Ce qui compte, c’est d’offrir à la fille une autre voie.

Ce qui ne suffit pas

Pour aller plus loin : la grande revue des preuves (2021)

Anju Malhotra et Shatha Elnakib ont analysé pour l’UNICEF et l’UNFPA les études publiées entre 2000 et 2019. Elles n’ont trouvé que 31 évaluations de programmes de prévention : la base de preuves reste mince.

Type d’action Études avec un effet
Aide scolaire aux filles (frais, bourses, uniformes) 5 sur 5
Avec l’argent conditionné à l’école 8 sur 11
Biens donnés si la fille n’est pas mariée (chèvre, poulet) environ 1 sur 2
Argent sans condition, contre la pauvreté 0 sur 3
Programmes à nombreuses composantes 4 sur 11

Leur conclusion : ce n’est sans doute pas l’argent lui-même qui protège, mais l’investissement dans la fille et la possibilité d’un autre avenir.

« Ce qui compte le plus pour prévenir le mariage des enfants, c’est peut-être l’investissement dans les filles et le fait de leur offrir une autre option, plutôt que l’argent lui-même. »

D’autres résultats :

  • Tanzanie : une chèvre promise si la fille reste non mariée a réduit le risque d’environ moitié (Population Council, 2020). Coût de ces programmes : de 9 à 117 dollars US par fille.
  • Niger : la bourse « Toutes les filles à l’école » coûtait environ 306 dollars US par an et par fille (Banque mondiale, 2024).
  • Ouganda : 34 % d’enfants en moins chez les filles des clubs ELA (J-PAL).
Pour aller plus loin : les limites et les effets inattendus
  • Repousser n’est pas toujours éviter. En Éthiopie, le programme Berhane Hewan a réduit le mariage des filles de 10 à 14 ans, mais les filles de 15 à 19 ans se sont plus souvent mariées (Population Council, 2007). Les familles ont peut-être seulement attendu.
  • Plus d’actions ne veut pas dire plus d’effet. Seuls 4 programmes à nombreuses composantes sur 11 ont réduit les mariages. La qualité du travail compte plus que le nombre d’activités. BRAC et l’UNFPA écrivent à propos des clubs ELA :

« Une approche à plusieurs volets comme ELA fonctionne, mais la qualité de la mise en œuvre peut facilement être compromise. »

  • Punir peut cacher le problème. Au Malawi, des mariages ont été célébrés la nuit ou ailleurs pour échapper à la police (Girls Not Brides, 2026).
  • Annuler un mariage ne suffit pas. Une fille dont le mariage est annulé peut se retrouver sans protection, ni du mari ni de sa famille (Girls Not Brides, 2026). Il faut prévoir un hébergement et la suite de l’école.
  • Les comités de protection sont peu évalués : 84 % des études ne mesurent qu’après l’action, 3 % seulement ont un groupe de comparaison. Le facteur de réussite le plus fort est que la communauté porte elle-même le comité (Wessells, 2009).
  • Peu d’études en Afrique de l’Ouest, aucune au Togo. Pour les boîtes à suggestions, les téléphones d’alerte et l’accueil chez une famille, il n’existe pas encore d’évaluation sur le mariage des enfants.
Pour aller plus loin : ce que cela veut dire sur le terrain
  • Commencer par l’école : frais, fournitures, soutien scolaire, cours de vacances, aide pour passer au collège. C’est là que les preuves sont les plus solides.
  • Un club de filles régulier, animé par une jeune femme du quartier, un peu plus âgée que les filles.
  • Parler avec les familles, les imams, les pasteurs et les chefs, localement et dans la durée, plutôt qu’une grande cérémonie unique.
  • Prévoir un chemin pour l’urgence : quand une date de mariage est fixée, la prévention ne suffit plus. Il faut savoir qui alerter, où la fille peut être en sécurité et comment elle continue l’école.
  • Rester honnête : un site comme celui-ci est un outil pour les personnes sur le terrain, pas un remède à lui seul.

Et maintenant ?

Le modèle de prévention
Sources et mise à jour

Mis à jour le 25 octobre 2026