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Enseignant·e de confiance

Votre rôle : écouter, noter, transmettre. Pas enquêter ni négocier.

[À vérifier : Numéro vert 8250 : accepte-t-il les signalements de mariage forcé ? (non documenté)]

[À vérifier : Obligation de signalement pour les enseignant·es au Togo : non vérifiée]

Votre rôle

Signes d’alerte

Un signe seul ne prouve rien. Plusieurs signes ne s’ignorent jamais.

Ce que vous pouvez dire

Juste après l’entretien

  1. Notez ses mots, la date, les noms, les dates de voyage.
  2. Convenez d’un moyen discret de la joindre (une amie, un mot de code).
  3. Transmettez le jour même à la personne prévue : direction, équipe d’intervention, Affaires sociales.
  4. Départ annoncé ou date fixée : n’attendez pas demain.
Pour aller plus loin : mener l'entretien

Les conditions

« recevoir dans un endroit calme ; parler d’un ton calme et rassurant ; recevoir la victime seule ; lui donner la parole, l’écouter, la laisser parler et prendre sa parole en considération. »

Au Togo, trouvez un prétexte ordinaire (rapporter un cahier, aider à ranger) pour qu’elle ne soit pas remarquée. Jamais devant la classe, jamais dans le club.

Des questions pour ouvrir (MIPROF, adaptées)

  • « Je m’inquiète pour toi au sujet de tes absences scolaires répétées / de la chute de tes résultats. Est-ce qu’il y a quelque chose qui te contrarie ? »
  • « Comment les choses se passent à la maison ? »
  • « Tes grandes sœurs, est-ce qu’elles ont choisi la personne avec qui elles se sont mariées ? »
  • Voyage annoncé : « Avec qui est-ce que tu pars ? » « Quand est-ce que tu pars ? » « Est-ce que tu as envie de partir ? »

Ce que les élèves disent souvent, à demi-mot

« Je pars et je ne sais pas quand je reviendrai. » – « Ma famille a arrangé quelque chose pour moi. » – « On m’a promise à quelqu’un. » – « Je ne peux pas dire non. » – « Ma sœur a dû se marier. »

Les questions que l’on ne pose pas

  • Les questions qui orientent ou qui se répètent, comme dans un interrogatoire.
  • « Pourquoi tu n’as rien fait, pourquoi tu n’as pas dit non ? » · « Comment as-tu pu accepter ça ? » (MIPROF)
  • Rien qui juge la famille : « Tes parents sont des barbares. »
  • Pas de proche, d’ami·e ni de voisin·e comme interprète.

Pas de « Ce n’est pas grave », pas de « Tout va s’arranger », jamais « Je vais garder ton secret ».

Si elle se rétracte le lendemain, ce n’est pas la preuve que rien ne se passe : la peur et la loyauté envers les parents sont fortes. Transmettez quand même ce qu’elle a dit.

Pour aller plus loin : noter, transmettre, et les limites du rôle

Ce que vous notez

  • Ses mots, tels quels.
  • Date et heure de l’entretien.
  • Noms cités, dates de voyage ou de cérémonie, dot évoquée, menaces.
  • Sœurs ou cousines qui pourraient être concernées.
  • À qui vous avez transmis, et quand.

« Le personnel doit noter les propres mots de l’élève, sans les arranger ni les réinterpréter. »

Où vous le gardez : dans une enveloppe fermée, sous clé, chez vous ou chez la direction. Jamais dans le cahier de classe, jamais sur la table de la salle des professeurs, jamais dans un groupe WhatsApp.

Les limites du rôle

« Ce n’est pas le rôle des enseignant·es d’enquêter sur des allégations de maltraitance. » – « N’approchez pas la famille : elle peut nier, déplacer l’élève ou avancer le voyage et le mariage. »

Au Togo, vous connaissez souvent la famille personnellement : c’est une raison de plus pour ne pas y aller. Les familles sont rencontrées par l’équipe d’intervention, avec une autorité, après la mise en sécurité de la fille.

Le manuel togolais de formation des enseignant·es (2018) le dit clairement :

« La persistance de la violence est en partie due au fait que les victimes comme les témoins n’ont pas la culture de la dénonciation et aussi lorsque les cas sont dénoncés, leur suivi est négligé. Il est impérieux d’avoir la culture de la dénonciation et du suivi post dénonciation. »

Le même manuel cite le 1011 : « La ligne « Allô 1011 » en est un exemple », pour aider « de façon anonyme toute personne qui voudra dénoncer un cas de violence sur un enfant ».

Le numéro vert 8250 du ministère reçoit, de façon anonyme, les signalements d’abus dans le système éducatif. Utilisez-le si le problème touche l’école elle-même (un membre du personnel impliqué, une élève retirée sans réaction). Pour un projet de mariage, passez d’abord par l’équipe d’intervention, les Affaires sociales ou le 1011.

Pour aller plus loin : le calendrier scolaire au Togo

« Souvent, les signes s’aggravent à l’approche des vacances. Le personnel peut être particulièrement vigilant pendant ces périodes. »

  • Avant les grandes vacances : rappelez à toutes les élèves à qui parler et le 1011. Une élève inquiète du voyage au village : transmettez avant le départ.
  • À la rentrée : vérifiez les élèves inscrites qui ne reviennent pas. Ne les rayez pas de la liste sans avoir prévenu la direction et l’équipe. Le club peut prendre des nouvelles.
  • Après un redoublement : dans les situations suivies par nos partenaires, un échec scolaire a servi de raison pour arrêter l’école et marier la fille. Parlez à l’élève et à la direction avant les vacances.
  • Frais de scolarité impayés : signalez-le à la direction. Une aide pour l’école protège : le soutien à la scolarité est le moyen le mieux prouvé contre le mariage précoce.
  • Fille qui vit chez un oncle, une tante ou un tuteur : soyez plus attentif·ve. Nos partenaires voient souvent ce cas.

Et maintenant ?

Une élève me dit qu'on veut la marier : que faire ?
Sources et mise à jour

Mis à jour le 25 octobre 2026