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Boîte à suggestions

Une boîte n'aide que si quelqu'un l'ouvre souvent et réagit vite.

[À vérifier : Règles d'ouverture (fréquence, qui ouvre, cahier) à confirmer avec l'expérience des partenaires au Togo]

Les règles de la boîte

Avant d’installer la boîte

  1. La direction est d’accord et nomme deux responsables : une enseignante et un enseignant de confiance.
  2. Le circuit est prêt : vous savez à qui transmettre un message grave (direction, réseau local, Affaires sociales) – avant le premier mot.
  3. Les élèves donnent leur avis : où placer la boîte, et quels autres moyens elles utiliseraient.
  4. La boîte est expliquée en classe et sur une affiche : qui lit, quand, ce qui arrive aux messages.

Où la placer

L’ouverture, pas à pas

  1. À deux, le même jour chaque semaine, dans une salle fermée.
  2. Lire chaque mot et le classer : question, souci ou danger.
  3. Danger – date de mariage, dot acceptée, voyage au village annoncé, arrêt de l’école : transmettre le jour même.
  4. Noter dans le cahier : date, catégorie, suite donnée. Jamais de nom, jamais de copie du mot.
  5. Ranger les mots sous clé. Ils ne circulent pas.

Répondre sans exposer

Pour aller plus loin : messages difficiles et pièges

Un mot parle d’une autre élève (« Elle va être mariée pendant les vacances »). N’interrogez pas la classe. L’enseignant·e de confiance cherche un moment seul à seule avec l’élève concernée et transmet le signal, même sans certitude.

Un mot très court (« Aidez-moi »). Rappelez en classe, sans viser personne, quand et où les deux responsables sont disponibles, et donnez les autres moyens : club de filles, Allô 1011.

Des élèves écrivent mal ou pas du tout. Acceptez les dessins. Dites que l’on peut aussi venir parler aux responsables ou passer par le club. Des enfants consulté·es par Save the Children l’ont dit clairement :

« Si nous pensons que les boîtes de commentaires sont une bonne idée, en ce qu’elles permettent de fournir des observations de manière confidentielle, beaucoup d’entre nous ne savent ni lire ni écrire. »

L’anonymat s’arrête quand on agit. Dès que l’équipe intervient, la famille peut deviner qui a parlé. Avant toute démarche, demandez-vous : où la fille sera-t-elle en sécurité ce soir ?

« Dès qu’un signalement est transmis, il est possible que des personnes devinent qui a signalé ou parlé. »

« Signaler ne doit pas mettre l’enfant ou sa famille encore plus en danger. »

Erreurs fréquentes : boîte ouverte une fois par mois ; clé chez une seule personne qui part en congé ; mots lus en salle des professeurs ; réponse en classe qui permet de reconnaître l’auteure ; boîte installée, puis oubliée.

Pour aller plus loin : vacances, boîte abîmée, ce que disent les guides

Pendant les vacances, décrochez la boîte : un mot non lu pendant des semaines peut coûter cher. Les vacances sont justement un moment à risque (voyage au village). Avant le départ, affichez les autres moyens : responsables joignables, Allô 1011, numéro vert 8250 pour un problème à l’école. Nos partenaires au Togo font ainsi : la boîte est décrochée, les enseignantes de confiance restent joignables.

Si la boîte est abîmée ou arrachée, ne réagissez pas seul·e. Prévenez la direction, annoncez tout de suite un autre moyen, puis réinstallez la boîte dans un endroit plus sûr. Cela est arrivé dans une école où travaillent nos partenaires : une boîte peut déranger, signe qu’elle sert.

Ce qu’elle peut faire : dans une école partenaire, une élève a signalé par la boîte qu’on voulait la marier ; l’équipe a pu intervenir à temps. Les boîtes sont pourtant peu évaluées : leur effet vient du circuit qui suit (Wessells, 2009).

« Un canal dont le suivi n’est pas régulier (par exemple, une boîte de commentaires qui ne serait consultée qu’une fois par mois) n’est pas adapté au signalement des préoccupations en matière de sauvegarde. »

Le même guide précise qu’un tel canal « garantit une réponse dans les 24 heures suivant un signalement ».

« C-Change a désigné dans chaque école une enseignante et un enseignant comme “enseignants référents”. »

Au Kerala (Inde), la direction est responsable de la boîte et doit l’ouvrir « au moins une fois par semaine » (Careers360, 2025). L’ICMEC conseille de limiter l’accès à quelques personnes, d’assurer « le même suivi » à tous les messages et d’afficher la procédure.

Le cahier de la boîte (une page par ouverture) : date · signatures des deux responsables · nombre de mots · pour chaque mot : catégorie, suite donnée, date de la transmission. Rien qui permette de reconnaître une élève.

Et maintenant ?

Enseignant·e de confiance
Sources et mise à jour

Mis à jour le 25 octobre 2026