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Une fille vous dit qu'on veut la marier. D'abord la protéger, ensuite parler avec la famille.

[À vérifier : Interlocuteur des Affaires sociales et réseau local à indiquer pour chaque localité (avec les partenaires).]

Tout de suiteViolence, départ en cours, elle a peur de rentrer chez elle : police 117 ou gendarmerie 172.
Aujourd'huiDate fixée, dot acceptée, voyage au village annoncé, retrait de l'école.
Cette semaineOn parle de mariage sans date, absences, peur des vacances : alerter dans les jours qui suivent.

Les règles

Appeler ou écrire

Numéros valables au Togo.

Questions fréquentes

Une élève me dit qu'on veut la marier : que faire ?

Écoutez-la, ne contactez pas sa famille, et alertez aujourd'hui une personne formée ou les Affaires sociales. C'est peut-être sa seule chance de parler.

Réponse détaillée

Les étapes

  1. Écouter, le jour même, seul·e avec elle et au calme. Elle n’aura peut-être pas d’autre occasion de parler.
  2. Évaluer l’urgence à deux – avec la direction, la personne référente ou le réseau local. Voir les trois niveaux ci-dessus.
  3. Alerter les bonnes personnes, dans le bon ordre (voir plus bas).
  4. Mettre la fille en sécurité si elle ne peut pas rester chez elle : chez une personne de confiance choisie avec le réseau ou les Affaires sociales.
  5. Mobiliser un imam, un pasteur ou un chef dont vous connaissez la position.
  6. Parler avec la famille – seulement quand la fille est en sécurité, en équipe, avec une autorité, et avec son accord.
  7. Suivre dans la durée : l’école continue, le dossier reste ouvert.

Qui informer, et quand

Pour aller plus loin : évaluer l'urgence et garder une trace

Signes que le danger est proche, selon un guide français de formation :

« la proximité de la date du voyage ou du mariage ; l’avancement des préparatifs […] ; la célébration du mariage religieux […] ; la peur des représailles du fait des révélations, le refus de regagner le domicile familial ; la révélation d’un risque que le projet de mariage forcé soit reporté sur une autre personne (principalement une sœur plus jeune) »

Au Togo, nos partenaires voient aussi le danger monter avant les vacances, lors d’un voyage au village, à la rentrée et après un redoublement, surtout quand la fille vit chez un oncle, une tante ou une belle-mère.

Délais recommandés en gestion de cas : risque élevé, agir avant de quitter l’enfant ; risque moyen, dans les 72 heures (Alliance CPHA). Traitez une date de mariage fixée ou une dot acceptée comme un risque élevé.

Noter, sur une fiche gardée sous clé :

  • ses mots exacts, la date et l’heure ;
  • les noms, les dates prévues, le lieu et le moyen d’un voyage ;
  • qui vous avez informé, quand, et ce qui a été décidé – avec la raison.

Pas de nom de la fille dans les groupes de messagerie.

Pour aller plus loin : la famille, les autorités et la justice

Le guide français de formation (MIPROF, 2017) est clair :

« NE PAS prendre directement contact avec des membres de la famille ou de la communauté, cela pourrait avoir pour effet d’accélérer un projet de mariage forcé »

  • Pas de médiation entre la fille et sa famille tant que la menace dure. Le guide français l’exclut ; au Togo, l’échange avec la famille vient après la mise en sécurité, avec le soutien d’une autorité.
  • Dans l’expérience de nos partenaires, beaucoup de familles acceptent que la fille vive un temps chez une femme de confiance, qui l’accueille, et qu’elle continue l’école.
  • Choisir les intermédiaires : une personne du même entourage peut faire pression sur la fille. Un service suisse spécialisé le rappelle :

« Souvent, les personnes externes ne savent pas quelle position une personne de l’environnement de la personne affectée adoptera par rapport au conflit. »

  • La justice : le signalement se fait à la police, à la gendarmerie ou au parquet. Le juge des enfants peut éloigner l’enfant de sa famille avant même de statuer (guide togolais RELUTET, 2015) :

« Avant de statuer, le juge peut, sur rapport des services sociaux chargés de la protection de l’enfant, décider de mettre à l’abri ou d’éloigner l’enfant de sa famille pour sauvegarder son intérêt et assurer sa sécurité. »

  • Annuler ne suffit pas : une fille dont le mariage est annulé peut se retrouver sans protection (Girls Not Brides, 2026). Prévoir l’hébergement et l’école en même temps.
Pour aller plus loin : protéger la fille et suivre dans la durée
  • Un moyen de contact discret, convenu avec elle, si possible avec un mot de code pour la reconnaître – pas le téléphone familial (HM Government, 2023).
  • Une raison toute prête si quelqu’un vous voit ensemble : « On parle de ses notes. »
  • Ne décidez pas seul·e de l’héberger. L’accueil se décide avec le réseau ou les Affaires sociales.
  • Suivi régulier : visites ou appels, plus fréquents quand le risque est élevé. Les lignes directrices interagences (Alliance CPHA) donnent un exemple :

« La fréquence de contrôle dépendra du niveau de risque (exemple: deux fois par semaine pour le risque élevé, une fois par semaine pour le risque moyen, une fois par semaine pour le risque faible). »

  • L’école d’abord : inscription, fournitures, rattrapage. Chez nos partenaires, l’accompagnement dure souvent plusieurs années, jusqu’à ce que la scolarité soit assurée.
  • Rester attentif après une intervention : au Malawi, des mariages interdits ont été célébrés la nuit ou ailleurs (Girls Not Brides, 2026). Une sœur plus jeune peut être la prochaine.

Le manuel des enseignant·e·s du ministère togolais (2018) le résume :

« Il est impérieux d’avoir la culture de la dénonciation et du suivi post dénonciation. »

Et maintenant ?

Accueillir une fille en danger
Sources et mise à jour

Mis à jour le 25 octobre 2026