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Accueillir une fille en danger

L'accueil est le dernier recours. Il se fait avec les autorités, et l'école continue.

[À vérifier : Règles togolaises d'agrément et de suivi des familles d'accueil : non recherchées]

[À vérifier : Saisine et mesures du juge des enfants décrites par le guide RELUTET (2015, Code de l'enfant de 2007) : vérifier qu'elles sont toujours en vigueur]

[À vérifier : Montant du soutien aux mères d'accueil chez nos partenaires (à indiquer en FCFA et en €)]

Les principes

Quand accueillir ?

Seulement si toutes ces conditions sont réunies :

La pauvreté seule n’est jamais une raison de séparer une fille de sa famille. Elle est une raison d’aider la famille.

Dans quel ordre chercher

  1. Un parent sûr, hors du milieu à risque : mère, tante, oncle, qui soutient l’école.
  2. Une mère d’accueil choisie, formée et suivie par l’équipe.
  3. Un centre d’accueil, seulement pour quelques jours.

Les premières 24 heures

  1. Un lieu sûr pour la nuit. Très peu de personnes connaissent l’adresse.
  2. Prévenir les Affaires sociales, et la police (117) ou la gendarmerie (172) si la fille est menacée.
  3. Expliquer à la fille ce qui va se passer, lui demander son avis, le noter.
  4. Rassembler l’essentiel : affaires d’école, acte de naissance si possible, médicaments. Ne la renvoyez jamais seule chez elle pour les chercher.
  5. Prévenir la direction de l’école pour organiser la suite des cours.

L’école continue

Chez nos partenaires au Togo, les filles accueillies continuent l’école ; plusieurs sont aujourd’hui en terminale, à l’université ou en formation.

Pour aller plus loin : la mère d'accueil

Qui ? Une femme respectée, stable, sans lien avec ceux qui veulent marier la fille. Elle accepte les visites de l’équipe et soutient l’école.

Combien de filles ? Peu par foyer. Ne confiez pas toutes les filles à la même femme : chez nos partenaires, après le décès d’une mère d’accueil, des filles ont dû changer plusieurs fois de foyer. Prévoyez une remplaçante.

Quel soutien ? Une contribution régulière (nourriture, frais d’école), une personne à appeler, des visites, une protection en cas de menace. Le soutien est lié à l’école et à la sécurité de la fille, jamais au fait qu’une famille « donne » sa fille.

« Aucune forme de protection de remplacement ne devrait encourager la séparation familiale. Les enfants pris en charge devraient : Recevoir des visites de suivi pour évaluer leur sécurité et leur bien-être ; Avoir l’occasion de fournir un feedback ; Être en mesure de signaler tout abus, négligence, exploitation ou violence. »

Le suivi

  • Les premiers jours, un appel chaque jour à la fille.
  • Ensuite, des visites régulières, sans attirer l’attention des voisins.
  • La fille connaît une deuxième personne à qui se plaindre si cela se passe mal (travail domestique excessif, violence, menaces).
  • Tous les quelques mois : faire le point avec la fille, la mère d’accueil et les Affaires sociales.

« Par exemple, dans le cas où l’enfant est placé dans une maison sécurisée pour une période déterminée, il peut s’avérer essentiel d’appeler quotidiennement l’enfant pour s’assurer de sa sécurité et de son bien-être. »

Pour aller plus loin : la famille, le retour et le cadre légal

Le lien avec la famille passe par l’équipe, avec une autorité (Affaires sociales, chef, imam ou pasteur), et avec l’accord de la fille. Personne ne donne l’adresse, ni au téléphone, ni à un « messager » de la famille.

« Il arrive que des membres de la famille demandent à un tiers – un ami de la famille ou une personne influente de la communauté – d’obtenir des informations. Ce tiers a parfois reçu une raison très plausible, par exemple la maladie d’un proche. Ne partagez pas cette information. »

Le retour n’est possible que si la famille a réellement renoncé au mariage, devant une autorité, et avec un suivi après le retour. Beaucoup de familles acceptent que la fille vive chez une mère d’accueil et aille à l’école, parce qu’elles n’ont plus à la prendre en charge ; certains parents changent d’avis peu à peu. Le guide togolais fixe comme but la réinsertion dans la famille ; les guides britanniques mettent en garde contre la médiation. D’où la règle : la sécurité d’abord, la réconciliation ensuite.

Le cadre légal décrit par le guide togolais RELUTET/ROMAESE (2015) : le juge des enfants peut être saisi notamment par l’enfant, les ONG, les institutions, « de toute personne ». Il peut confier l’enfant à une famille ou le placer dans un établissement scolaire.

« Avant de statuer, le juge peut, sur rapport des services sociaux chargés de la protection de l’enfant, décider de mettre à l’abri ou d’éloigner l’enfant de sa famille pour sauvegarder son intérêt et assurer sa sécurité. »

« Le retrait de l’enfant à sa famille doit être considéré comme une mesure de dernier recours qui devrait être, dans la mesure du possible, temporaire et de la durée la plus courte possible. »

Proche ou loin ? Les Nations Unies préfèrent un accueil proche du lieu de vie habituel (§ 11). Mais si la famille peut retrouver et reprendre la fille, la sécurité passe avant : un parent dans une autre ville peut être la meilleure solution.

Pourquoi l’école d’abord. Au Niger, un logement près du collège avec soutien scolaire a réduit d’environ 50 % le mariage des filles (Banque mondiale, 2024). L’accueil avec l’école suit la même logique.

Ce qu’on ne fait pas

  • Garder une fille « en cachette », sans les Affaires sociales.
  • Promettre à la famille une aide en échange de la fille.
  • Organiser une rencontre entre la fille et la famille sans l’équipe.
  • Publier une photo ou le prénom d’une fille accueillie ou d’une mère d’accueil.

Et maintenant ?

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Sources et mise à jour

Mis à jour le 25 octobre 2026