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Les chiffres

En 2017, au Togo, une jeune femme sur quatre avait été mariée ou vivait en union avant 18 ans.

[À vérifier : Le chiffre de 22 % (« UNICEF 2016 », cité par le BICE) correspond-il bien à l'EDS 2013–2014 ?]

[À vérifier : Résultats de l'EDS Togo 2026 : à intégrer dès leur publication.]

1 jeune femme sur 424,8 % des femmes de 20 à 24 ans ont été mariées ou en union avant 18 ans (MICS6 2017).
6,4 % avant 15 ansFemmes de 20 à 24 ans (MICS6 2017). Chez les garçons : 2,6 % avant 18 ans.
L'école protègeSans instruction : 48,6 % mariées avant 18 ans. Secondaire ou plus : 12,0 % (MICS6 2017).
Savanes : 37,4 %Plateaux 32,0 %, Lomé Commune 16,7 %. Rural 31,3 %, urbain 17,5 % (MICS6 2017).

Ce que mesurent ces chiffres

Le chiffre de référence (indicateur ODD 5.3.1) est la part des femmes de 20 à 24 ans qui étaient mariées ou en union avant 15 ans et avant 18 ans. Il compte aussi les couples qui vivent ensemble sans mariage officiel, pas seulement le mariage civil. Le rapport MICS6 le précise :

« Toutes les références au mariage dans ce chapitre incluent aussi les unions cohabitantes. »

Ces femmes répondent sur leur passé : le chiffre de 2017 décrit des mariages conclus pendant les dix années précédentes environ. La dernière enquête publiée date de 2017. Une nouvelle Enquête démographique et de santé (EDS) a été menée en 2026 ; ses résultats ne sont pas encore publiés.

Une baisse lente

La baisse est réelle depuis 1988, mais elle ralentit. Dans la MICS6 2017, les femmes de 25 à 29 ans (26,6 %) et celles de 20 à 24 ans (24,8 %) ont presque le même taux. L’EDS et la MICS n’utilisent pas exactement la même méthode : l’écart entre 21,8 % et 24,8 % ne prouve pas une hausse.

Qui est le plus touché ?

Femmes de 20 à 24 ans mariées ou en union avant 18 ans (MICS6 2017) :

Un taux régional bas ne veut pas dire « pas de cas chez nous ». Une moyenne cache les écarts entre quartiers, villages et familles.

Pour aller plus loin : pourquoi les chiffres ne concordent pas

On lit pour le Togo 22 %, 25 %, 29 %, « un tiers » ou 31 %. Le plus souvent, ce n’est pas une contradiction : les enquêtes ne mesurent ni le même groupe d’âge ni la même année.

Enquête Groupe mesuré Mariées avant 18 ans
EDS 1988 femmes de 20–24 ans 43,6 %
EDS 1998 femmes de 20–24 ans 30,5 %
MICS4 2010 femmes de 20–49 ans 29 %
EDS 2013–2014 femmes de 20–24 ans 21,8 %
EDS 2013–2014 femmes de 20–49 ans 29,9 %
MICS6 2017 femmes de 20–24 ans 24,8 %
MICS6 2017 femmes de 20–49 ans 25,3 %
  • 22 % : souvent cité comme « UNICEF 2016 » ; c’est très probablement la valeur arrondie de l’EDS 2013–2014.
  • 29 % : femmes de 20 à 49 ans, donc aussi des mariages d’il y a 30 ans (MICS4 2010).
  • « Un tiers des filles » (BICE, 2018) et 31 % (« UNICEF 2022 », cité par WiLDAF en 2025) : l’enquête et le groupe d’âge ne sont pas indiqués. À ne pas utiliser.
  • Certains sites donnent des chiffres régionaux bas (par exemple 13 % pour les Savanes). Dans le rapport MICS6, ce sont les mariages avant 15 ans (femmes de 15 à 49 ans : 12,6 % dans les Savanes).
  • Cas enregistrés par les autorités : 286 (2018), 319 (2019), 335 (2020), à plus de 85 % des filles. Ce sont seulement les cas signalés, pas l’ampleur réelle.

Ce que les enquêtes ne montrent pas : les unions décidées mais pas encore conclues, les filles promises très jeunes, et les écarts entre communautés d’une même ville.

Pour aller plus loin : le Togo et ses voisins

Femmes de 20 à 24 ans mariées ou en union avant 18 ans, dernière enquête disponible :

Pays Enquête Avant 18 ans
Ghana EDS 2022 16,1 %
Togo MICS6 2017 24,8 %
Côte d’Ivoire EDS 2021 25,8 %
Sénégal EDS 2023 30,2 %
Bénin EDS 2017–2018 30,6 %
Nigeria EDS 2024 33,4 %
Burkina Faso EDS 2021 38,2 %
Mali EDS 2023–2024 48,5 %
Niger 2012 76 %

Le Togo se situe plutôt bas dans la région. Dans le monde, selon l’UNICEF :

« une fille sur cinq est mariée avant d’avoir atteint l’âge adulte. »

Une moyenne nationale ne dit rien de la situation d’une famille ou d’une communauté précise.

Pour aller plus loin : utiliser ces chiffres dans une discussion

Des phrases simples et exactes :

  • « Au Togo, en 2017, une jeune femme sur quatre avait été mariée avant 18 ans. »
  • « Chez les femmes sans instruction, c’est presque une sur deux. Avec le secondaire, à peine plus d’une sur dix. »
  • « Chaque année d’école secondaire compte. » Dans 15 pays étudiés par la Banque mondiale (le Togo n’en fait pas partie), chaque année de secondaire réduit en moyenne de six points de pourcentage le risque d’être mariée ou d’avoir un premier enfant avant 18 ans (2017).

À éviter :

  • Un chiffre sans année ni enquête.
  • Le chiffre le plus élevé « pour faire peur » : un chiffre faux fait perdre la confiance d’un agent de santé ou d’un chef.
  • Lier un taux à une religion ou à une ethnie. Les écarts les plus nets suivent l’école, la pauvreté et le milieu rural.

Et maintenant ?

Les conséquences
Sources et mise à jour

Mis à jour le 25 octobre 2026