Quitter ce site rapidement
Sortie rapide

Les conséquences

Le mariage précoce met en danger la santé, l'école et l'avenir des filles – et pèse sur toute la communauté.

La santéGrossesse trop tôt : plus de risques pour la mère et pour le bébé.
L'écoleUne fois mariée, une fille quitte presque toujours l'école.
La violencePlus de violence au foyer, souvent subie en silence et dans l'isolement.
La pauvretéMoins de revenus pour elle, moins de chances pour ses enfants.

La santé : un corps qui grandit encore

Une fille mariée tôt est souvent enceinte tôt. Le rapport MICS6 sur le Togo rappelle que les décès liés à la grossesse sont la première cause de décès des filles de 15 à 19 ans, mariées ou non (MICS6 2017).

Selon l’OMS (2024), par rapport aux femmes de 20 à 24 ans, les mères de 10 à 19 ans ont plus de risques :

Un accouchement très long et bloqué peut causer une fistule obstétricale : une lésion qui laisse couler l’urine ou les selles en permanence. La honte isole souvent les femmes touchées (UNFPA, 2014). Le mariage et la maternité précoces font partie des facteurs de risque. La fistule peut être évitée (GFMER 2025 ; Académie nationale de médecine, 2012).

L’école : une porte qui se ferme

Violence et solitude

Les filles mariées avant 18 ans sont plus exposées à la violence domestique (UNICEF, 2023). Elles sont souvent coupées de leur famille et de leurs amies. Le guide togolais RELUTET note : « La détresse est généralement supportée en silence. »

Les violences laissent des traces : troubles du sommeil, de l’attention et de la concentration, qui pèsent sur la scolarité (MIPROF, 2017). Pour un·e enseignant·e, ce sont aussi des signes d’alerte.

Une pauvreté qui se transmet

Pour aller plus loin : ce que disent les sources

UNICEF (2023) :

« Le mariage d’enfants prive les filles de leur enfance et constitue une menace pour leur vie et leur santé. Les filles qui se marient avant l’âge de 18 ans sont plus exposées à la violence domestique et moins susceptibles de poursuivre leur scolarité. »

Organisation mondiale de la santé (2024) :

« En comparaison avec les femmes âgées de 20 à 24 ans, les mères adolescentes (âgées de 10 à 19 ans) ont un risque accru d’éclampsie, d’endométrite puerpérale et d’infections systémiques. En outre, les nourrissons nés de mères adolescentes sont exposés à un risque accru de faible poids de naissance, de naissance prématurée et de graves affections néonatales. »

Sur la fistule et l’accès aux soins (GFMER, 2025) :

« Le fait que les femmes en travail obstructif doivent obtenir l’autorisation de leur mari ou de leur belle-mère pour accéder aux soins est une situation fréquemment observée. »

Le guide togolais RELUTET/ROMAESE (2015) :

« La plupart des filles malheureuses au sein d’un mariage imposé sont très isolées. Elles n’ont personne à qui se confier car elles sont entourées de gens qui cautionnent leur situation. »

« Une femme divorcée ou abandonnée est souvent condamnée à la pauvreté car elle est généralement seule à assumer l’entretien de ses enfants. Si elle s’est mariée jeune, elle manque d’éducation et de compétences monnayables, elle peut tomber dans une profonde misère. »

Une Togolaise, mariée de force à 16 ans alors qu’elle était en 5e, à un homme de 50 ans, raconte dix ans plus tard :

« J’ai tout perdu. Ma vie, ma liberté, mes études… »

Pour aller plus loin : le coût pour le pays (Banque mondiale, 2017)

En 2017, la Banque mondiale et l’ICRW ont estimé les effets économiques du mariage des enfants, surtout à partir des enquêtes de 15 pays (dont le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigeria ; le Togo n’en fait pas partie) :

  • Une fille mariée à 13 ans aura en moyenne 26 % d’enfants en plus au cours de sa vie qu’une femme mariée à 18 ans ou plus ; mariée à 17 ans, encore 17 % de plus.
  • Les femmes mariées enfants ont des revenus inférieurs de 9 % à l’âge adulte, surtout à cause de l’école interrompue.
  • Une fois mariée, il est très rare qu’une adolescente reste à l’école.
  • Mettre fin au mariage des enfants rapporterait au monde plus de 4 000 milliards de dollars (en parité de pouvoir d’achat) entre 2014 et 2030, surtout grâce à une croissance démographique plus lente.

Leur conclusion :

« Investir pour mettre fin au mariage des enfants n’est pas seulement la bonne chose à faire : c’est aussi sensé d’un point de vue économique. »

Limites : ces chiffres viennent d’analyses statistiques, pas d’expériences. Les auteurs les présentent comme un ordre de grandeur, pas comme un calcul précis. Selon eux, l’effet sur la mortalité maternelle au niveau national n’est pas clairement établi.

Pour aller plus loin : utiliser ces arguments dans une discussion

Avec des parents

  • « Elle sera à l’abri » : un mariage précoce finit plus souvent en divorce, et une jeune femme sans école tombe plus facilement dans la pauvreté.
  • La santé de leur fille et de leurs petits-enfants : grossesse trop tôt, bébé fragile.
  • L’école protège : au Togo, 48,6 % des femmes sans instruction ont été mariées avant 18 ans, contre 12,0 % avec le secondaire (MICS6 2017).
  • Une grossesse ne ferme pas l’école : les élèves enceintes ne peuvent plus être exclues, et selon Afrobaromètre (2026), les Togolais soutiennent massivement leur maintien à l’école.

Avec un imam, un pasteur ou un chef

  • Partir de ce qui compte pour eux : la vie et la santé des femmes de la communauté, la paix des familles, l’avenir des enfants.
  • Le coût pour la communauté : moins de revenus, plus de pauvreté, des enfants moins scolarisés.

Précautions

  • Pas d’images choc ni de photos de fistule. Les mots suffisent.
  • Des filles déjà mariées et de jeunes mères écoutent aussi. Ne dites jamais « ta vie est finie » : parlez de retour à l’école et d’aide possible.
  • Ne pas accuser des parents : présenter les conséquences comme une raison de changer d’avis.
  • Connaître les conséquences ne suffit pas toujours. Les programmes qui marchent le mieux offrent une autre option à la fille, surtout l’école (Malhotra & Elnakib, 2021).

Et maintenant ?

Parler avec les familles
Sources et mise à jour

Mis à jour le 25 octobre 2026