Religion et mariage des enfants
Aucune religion n'exige de marier des enfants. La parole d'un imam ou d'un pasteur peut protéger une fille.
[À vérifier : Koran- und Hadith-Stellen hier aus der englischen Fassung von Islamic Relief übertragen – vor Veröffentlichung nach einer anerkannten französischen Übersetzung zitieren und theologisch prüfen lassen]
[À vérifier : Al-Azhar-Erklärung Dakar 2019 nur über UNFPA/Global Citizen (EN) belegt; französischen Originalwortlaut suchen]
[À vérifier : Zahl und Wortlaut der Argumente der Imame im Partnergebiet nicht dokumentiert (Interview mit den Partnern)]
Ce que vous pouvez faire
- À faire : Vérifier l'âge avant d'accepter la cola ou la dot.
- À faire : Demander à la jeune fille, sans sa famille, si elle est d'accord.
- À faire : Parler de santé et d'école dans vos prêches.
- À éviter : Célébrer un mariage en cas de doute sur l'âge ou le consentement.
- À éviter : Régler seul un cas urgent : alertez (page Intervenir).
Questions fréquentes
Un imam peut-il refuser de célébrer un mariage d'enfant ?
Oui. Un imam peut et doit refuser : sans consentement libre de la fille, pas de mariage valable en islam, et la loi togolaise interdit le mariage avant 18 ans. Celui qui célèbre doit s'assurer que les deux époux consentent librement.
Réponse détailléeCe que dit l’islam
Selon Islamic Relief, quatre principes de la charia s’opposent au mariage des enfants et au mariage forcé :
- Le consentement. Le Prophète (paix sur lui) a dit qu’une vierge ne doit pas être mariée sans son consentement (Sahih Muslim, rapporté par Abu Huraira). Une fille mariée de force par son père a reçu de lui le choix de garder ou d’annuler le mariage (Abu Dawud 2058, rapporté par Ibn Abbas).
- La maturité (rushd). Le Coran distingue la puberté du discernement nécessaire pour conclure un contrat (sourate 4, verset 6).
- Pas de préjudice. « Il n’y a ni préjudice ni réciprocité du préjudice » (Ibn Majah 2340). Protéger la vie est l’un des cinq buts de la charia.
- Respecter la loi du pays. La charia demande d’obéir aux lois du pays ; au Togo, elles interdisent le mariage avant 18 ans (Code de l’enfant, art. 267).
En 2019, au sommet africain de Dakar, l’université Al-Azhar a déclaré :
« Le mariage en islam repose sur le consentement des deux parties, en particulier de la fille. L’âge minimum requis pour consentir au mariage est de 18 ans. »
Ce que disent les Églises
World Vision, organisation chrétienne, rappelle :
« Les textes religieux enseignent que Dieu a un cœur particulier pour les enfants, que les adultes doivent aimer, protéger et honorer. »
Un évêque catholique du Soudan du Sud a demandé aux anciens de dénoncer les mariages forcés et précoces, conclus parfois pour du bétail, et de laisser les filles étudier (ACI Africa). Au Mali, un pasteur explique, Bible en main, que les filles doivent grandir et aller à l’école (UNICEF Mali).
Ce que vous pouvez faire
- Avant chaque mariage : vérifier l’âge (acte de naissance) et parler à la jeune fille sans sa famille, avec une femme de confiance.
- Refuser de célébrer si elle a moins de 18 ans ou n’est pas d’accord.
- Prêcher sur la santé des mères, l’école et le consentement.
- Préparer les couples au mariage : consentement, respect, droits de chacun.
- Alerter si une fille est en danger, sans agir seul.
Au Togo, des imams sensibilisés refusent déjà de célébrer des mariages d’enfants, et un responsable musulman a aidé à faire annuler un mariage d’enfants.
Pour aller plus loin : répondre aux objections
- « Le Prophète a épousé Aïcha jeune. » → Islamic Relief : débattre de l’âge d’Aïcha ne dispense pas les musulmans d’appliquer les principes de la loi islamique, qui font de la maturité physique et intellectuelle une condition du mariage. Le premier mariage du Prophète, avec Khadija, fut avec une femme plus âgée que lui de 15 ans.
- « La puberté suffit. » → Le Coran demande d’éprouver les orphelins jusqu’à l’âge du mariage, puis de vérifier leur discernement (4:6). Puberté et maturité sont deux choses.
- « Le silence de la fille vaut consentement. » → Selon Islamic Relief, ce hadith répond à un contexte ancien ; aujourd’hui, il faut un « oui » clair, et aucun signe de tristesse ou de refus ne peut être ignoré.
- « 18 ans, c’est une idée de l’Occident. » → Un imam du Burkina l’a dit, tout en reconnaissant : « l’islam interdit le mariage qui peut compromettre la santé de la fille » (Burkina24). Al-Azhar fixe l’âge du consentement à 18 ans ; l’émir de Kano (Nigeria), de rite malikite, a demandé l’interdiction du mariage des filles de moins de 18 ans.
- « Mieux vaut la marier que risquer une grossesse. » → En Éthiopie, l’archevêque orthodoxe a convaincu son clergé que la virginité ne dépend pas de l’âge et n’est pas une excuse pour marier des filles (Filles, Pas Épouses). Proposez école, club de filles, dialogue avec les parents.
En 2025, des leaders musulmans et chrétiens réunis à Nairobi ont déclaré :
« Ni le Saint Coran ni la Sainte Bible ne soutiennent l’excision des filles ni le fait de marier des enfants. »
Pour aller plus loin : exemples d'Afrique de l'Ouest
Au Burkina Faso, en 2018, le Baloum Naaba (Union des religieux et coutumiers du Burkina) a dit aux leaders locaux :
« Lors des PPS (NDLR : fiançailles) ou des mariages a la mosquée, seuls les représentants des mariés sont invités. Certains imams ne cherchent pas à savoir si la fille est mineure ou pas. Il est donc préférable de vérifier l’âge avant d’accepter la cola »
- Mali : un imam et un pasteur animent ensemble des rencontres communautaires sur la vie de couple et la prévention du mariage d’enfants (UNICEF Mali, 2024).
- Niger : l’association des chefs traditionnels lie religion et santé : « Il faut pratiquer la religion lorsqu’on est en bonne santé » (Afrik.com).
- Niger : une fille de 14 ans a refusé le mariage arrangé par ses parents ; avec son conseiller et l’imam local, ses parents sont revenus sur leur décision (UNFPA-UNICEF, 2018).
- Sénégal et Afrique de l’Ouest : des leaders religieux formés par Tostan accompagnent les villages dans leurs déclarations publiques d’abandon du mariage des enfants (Filles, Pas Épouses).
- Appel de World Vision aux guides religieux : refuser de célébrer des mariages de moins de 18 ans, même là où la loi ou la coutume le permettent.
Pour aller plus loin : vous êtes enseignant·e ou travailleur·se social·e ? Aborder un leader religieux
- Commencer par les plus ouverts, les femmes leaders et les jeunes leaders : ils sont souvent plus réceptifs (Filles, Pas Épouses).
- Vocabulaire positif : parler de « paternité positive », de santé, d’éducation, plutôt que de « pratiques néfastes ».
- Laisser le temps : certaines organisations ont mis deux ans ou plus à gagner la confiance.
- Ne pas imposer une interprétation : créer un espace où les leaders discutent eux-mêmes des textes.
- Jamais de confrontation publique : au Mali, après un débat télévisé, des leaders religieux ont pris position pour la pratique (The Girl Generation, exemple de l’excision).
- Imam et pasteur ensemble : la plupart des familles touchées ne sont pas d’une seule religion. Ne présentez jamais une religion comme « le problème ».
Et maintenant ?
La loi au TogoSources et mise à jour
- Islamic Relief Worldwide – An Islamic Human Rights Perspective on Early and Forced Marriages
- UNFPA WCARO – Africa Summit on FGM and Child Marriage, Dakar 2019 (déclaration d'Al-Azhar)
- Global Citizen – Al-Azhar et le mariage des enfants (2019)
- THEWILL – Emir Sanusi Calls For An End To Child Marriage
- World Vision – Channels of Hope for Child Protection
- World Vision – Appeal to faith leaders: Don't marry children
- UNICEF ESARO – Faith Leaders Unite in Nairobi (2025)
- ACI Africa – Catholic Bishop of Torit on forced and early marriage
- Filles, Pas Épouses – Collaborer avec des leaders religieux pour mettre fin au mariage des enfants (2019)
- Burkina24 – « Vérifiez l'âge avant d'accepter la cola » (23.11.2018)
- UNICEF Mali – Les leaders religieux s'engagent (2024)
- Afrik.com – Les chefs traditionnels nigériens contre le mariage précoce
- UNFPA-UNICEF – Programme mondial pour mettre fin au mariage d'enfants, brochure (2018)
- The Girl Generation – Do No Harm Guidance Note (2014)
- Code de l'enfant (Togo), art. 267 – cité dans RELUTET/ROMAESE (2015)
- Expérience de terrain de nos partenaires au Togo
Mis à jour le 25 octobre 2026