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La loi au Togo

Au Togo, le mariage avant 18 ans est interdit. Promettre un enfant en mariage aussi.

[À vérifier : Wortlaut art. 267–273 Code de l'enfant und art. 43/44 CPF am Journal officiel (bisher RELUTET 2015, Presse 2025)]

[À vérifier : Dispense ab 16: nach Loi 2022-017 noch gültig? (RELUTET: « art. 297 al2 »; WiLDAF/WORLD: art. 267)]

[À vérifier : Code pénal 2015: Artikel und Strafen zu Zwangsheirat (Antislavery: art. 341, 3–5 J., 1–5 Mio. FCFA ≈ 1 524–7 622 €; BICE: « art. 43 »)]

[À vérifier : Gilt art. 267 auch für rein traditionelle/religiöse Verbindungen? Rechtsprechung fehlt]

[À vérifier : Art. 21 Code de l'enfant (ausländisches Kind ohne Altersgrenze, laut CRIN)]

[À vérifier : Strafbarkeit ohne « contrainte »; Praxisangaben CRIN von ca. 2015]

18 ansÂge minimum du mariage, pour les filles et les garçons
Pas de promesseLes parents ne peuvent pas promettre un enfant en mariage
Consentement libreSans le libre et plein consentement, pas de mariage
Contrainte punieForcer un enfant à se marier est un délit

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Numéros valables au Togo.

Ce que dit la loi

Deux textes protègent les enfants : le Code de l’enfant (loi n° 2007-017) et le Code des personnes et de la famille.

« Le mariage des enfants est interdit. L’âge de la nuptialité est de dix-huit (18) ans révolus. » (art. 267)

« Il est interdit aux parents et tuteurs de promettre des enfants en mariage. » (art. 268)

Le Code des personnes et de la famille (art. 43) ajoute :

« L’homme et la femme choisissent librement leur conjoint et ne contractent mariage que de leur libre et plein consentement. L’homme et la femme avant dix-huit ans ne peuvent contracter mariage. »

Promettre une fille « depuis l’enfance » est donc déjà contraire à la loi.

Qui est puni ?

L’article 273 du Code de l’enfant prévoit :

« toute personne ayant exercé sur l’enfant une contrainte de quelque nature que ce soit en vue de l’amener à consentir au mariage sera punie de un (01) à trois (03) ans d’emprisonnement et d’une amende de cent mille (100 000) à un million (1 000 000) de francs CFA »

Cela représente environ 152 à 1 524 €. Selon le guide RELUTET/ROMAESE, sont responsables les parents, toute personne ayant autorité sur l’enfant, et les autorités qui reçoivent le consentement ou enregistrent le mariage.

Mariages coutumiers et religieux

Beaucoup d’unions ne sont célébrées que selon la coutume ou la religion. Les articles 268 et 273 visent des personnes (« parents et tuteurs », « toute personne »), pas une forme de cérémonie. Le Togo lui-même l’a écrit à l’ONU :

« Le mariage précoce et le mariage forcé ne sont pas reconnus par la loi. Cependant, il existe encore des mariages précoces et forcés dans certaines régions du pays du fait de l’influence des coutumes et des pratiques religieuses. »

Comment les tribunaux togolais traitent une union seulement coutumière ou religieuse, nous ne l’avons pas encore vérifié.

Que faire ? Les voies de droit

  1. D’abord la sécurité de la fille, ensuite la plainte. Une famille prévenue peut avancer le mariage.
  2. Plainte pénale : police, gendarmerie ou procureur.
  3. Juge des enfants, en même temps : la fille mariée ou menacée est un « enfant en danger ». Toute personne peut le saisir, y compris une ONG ou l’enfant elle-même.
  4. Accompagnement : Affaires sociales, réseau local de protection.
Pour aller plus loin : le juge des enfants

Le guide RELUTET/ROMAESE précise qui peut saisir le juge :

« Le juge des enfants est saisi de la situation de l’enfant en difficulté par une demande écrite ou non émanant conjointement des parents ou de l’un deux, du tuteur ou du gardien de l’enfant, du ministère public, de l’assistance sociale près le tribunal de première instance, des ONG et association de protection de l’enfant, de l’enfant lui-même, des institutions publiques ou privées, de toute personne »

Selon le même guide, le juge peut maintenir l’enfant dans sa famille avec un suivi, la confier à une famille ou à une institution, ou la placer dans un établissement scolaire ou un centre de formation. Ses mesures s’appliquent même en cas d’appel.

Dans la pratique : vers 2015, le rapport du CRIN notait que l’aide juridictionnelle prévue par la loi manquait encore d’un décret d’application. Renseignez-vous auprès des Affaires sociales avant de lancer une procédure.

Pour aller plus loin : les engagements internationaux du Togo

Le Togo a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant (1990), la CEDEF/CEDAW (1983), la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (1998) et le Protocole de Maputo (2005), dont l’article 6 fixe à 18 ans l’âge minimum du mariage des filles (Girls Not Brides). Selon la Constitution de 2024, les traités ratifiés priment sur les lois ordinaires.

« Selon l’Article XXI de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant de 1990: Les mariages et les fiançailles d’enfants doivent être interdits et des mesures concrètes, y compris des dispositions législatives, doivent être prises pour fixer à 18 ans l’âge minimal du mariage. »

La Commission africaine et le Comité africain d’experts précisent que cette interdiction vaut pour toutes les formes d’union :

« l’article 21 alinéa (2) ne fait aucune distinction entre les formes de droit (civil, coutumier ou religieux). Cela signifie que l’interdiction est générale et couvre toutes les formes de fiançailles et de mariage dans tous les types de droit. »

Autre texte utile : la loi n° 2007-005 sur la santé de la reproduction, art. 11 : « Aucune femme, pour des raisons liées à la sexualité et à la reproduction, ne doit être soumise à des mariages forcés et/ou précoces » (cité dans 27avril.com).

Pour aller plus loin : ce que la loi ne dit pas (encore) clairement
  • Une exception à 16 ans ? Le guide RELUTET/ROMAESE (2015) décrit une dispense d’âge possible dès 16 ans, accordée par un juge « pour des motifs sérieux ». En 2025, WiLDAF-Togo demandait encore de la supprimer. Si la réforme du Code des personnes et de la famille de 2022 l’a abolie n’est pas confirmé. En tout cas, la dispense n’autorise pas la contrainte.
  • Le consentement des mineures. WiLDAF critique aussi des articles qui admettent le consentement des mineurs :

« L’autre plaidoyer de ces OSC est la révision de certains articles notamment l’article 267 du code de l’enfant et 43 du code des personnes et de la famille qui autorisent une dispense d’âge à 16 ans pour le mariage et les articles 269 du code de l’enfant et l’article 44 du code des personnes et de la famille qui admettent le consentement des mineurs. »

  • Le Code pénal (2015) contient aussi des dispositions sur le mariage forcé ; les numéros d’articles et les peines restent à vérifier au Journal officiel.

Utiliser la loi sans menacer. La loi seule change peu : des études portant sur plus de 60 pays ne trouvent pas de lien de cause à effet entre une nouvelle loi sur l’âge minimum et moins de mariages d’enfants ; au Malawi, des mariages ont été célébrés la nuit ou ailleurs pour échapper à la police (Girls Not Brides, 2026). Au Togo, le BICE décrit les auteurs comme presque impunis (2018). Une fille vit souvent un « conflit de protection » : elle veut échapper au mariage sans faire de tort à ses parents (MIPROF). La menace de prison peut l’empêcher de parler. Présentez donc la loi comme une protection et une information, pas comme une menace.

Et maintenant ?

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Sources et mise à jour

Mis à jour le 25 octobre 2026